Les Hautes-Chaumes du Forez sont avant tout réputées pour leurs estives et pour être le berceau de la fourme… Pourtant, le massif des Monts du Forez est ceinturé de forêts parfois très anciennes qu’il faut traverser pour atteindre les plateaux sommitaux qui s’étendent jusqu’à Pierre-sur-Hautes. On l’oublie souvent mais les boisements de montagne renferment également leur part d’enjeux, à la fois socio-économiques et environnementaux.
Sur les hauteurs de Sauvain, le Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes est gestionnaire de la Réserve naturelle régionale des jasseries de Colleigne. Cet espace classé, véritable laboratoire des milieux naturels et des pratiques de gestion, permet une approche scientifique croisant biodiversité et usages locaux.
En 2025, grâce au soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de l’Union européenne (FEDER) et du Département de la Loire, le Conservatoire porte plusieurs actions phares du plan de gestion de la Réserve qui concernent directement les milieux forestiers :
– des inventaires vont être réalisés sur des groupes d’espèces bioindicatrices souvent méconnus : les champignons et les lichens;
– une étude va être menée sur une mousse forestière rare : la buxbaumie verte. Minuscule, on ne la voit quasiment pas à l’œil nu, on la repère uniquement lorsque son fruit se forme. Elle ne pousse que dans certaines conditions d’humidité et plutôt sur des arbres en très forte décomposition donc dans des forêts avec du bois mort;
– deux stagiaires arpenteront également les hêtraies-sapinières et les boulaies tourbeuses du secteur : leur travail permettra de croiser l’évolution dans le temps de 80 placettes forestières, décrites et comparées au niveau de leur flore et de leur composition (essences, taille, classe de diamètre, présence de bois mort…) et un suivi des insectes saproxylophages, bons indicateurs de la naturalité des forêts car leurs larves se nourrissent uniquement du bois mort et participent ainsi au recyclage de la matière organique. Cette étude tentera notamment de mettre en avant les caractéristiques des boisements favorables à ces espèces, en lien avec les pratiques d’exploitation forestière.
Ces différents travaux devraient permettre de participer significativement à l’amélioration des connaissances des milieux forestiers foréziens et faire éventuellement de belles découvertes.