La RNR des Jasseries de Colleigne a réalisé une étude dédiée à la compréhension de l’évolution structurelle, floristique et fonctionnelle de ses peuplements forestiers. Cette démarche vise à mieux cerner l’évolution écologique de ces forêts d’altitude dans un contexte de changement climatique. Elle sera réalisée tous les dix ans, l’état zéro étant en 2016.
Observer, analyser, comprendre
Afin d’appréhender la dynamique actuelle des boisements, une série d’analyses dendrométriques (mesures sur la taille des arbres, montrant une augmentation du volume de bois vivant) et phytosociologiques (études de la végétation présentes, montrant de nombreux habitats forestiers différents) sont menées sur plusieurs secteurs de la réserve (Chorsin, Colleigne etc.). Les seuils relevés sont encore insuffisants pour la biodiversité saproxylique (ils se nourrissent de bois morts et sont des marqueurs de forêts matures).

Ces travaux permettent de caractériser les peuplements, la diversité végétale et la manière dont ils évoluent au fil du temps. Les équipes collectent des données sur les vieux arbres dits “sénescents”, le bois mort et les micro habitats, qui constituent des ressources essentielles pour de nombreuses espèces forestières, notamment les insectes saproxyliques, marqueurs d’un éco-système en bonne santé.
Trois espèces remarquables ont été trouvées, dont Tetratoma fungorum, jamais détectées auparavant dans le Massif Central.
Ces suivis sont un moyen d’évaluer les mesures de gestion appliquées par les équipes de la Réserve. D’autres éléments plus généraux peuvent donner des indications sur l’état de la biodiversité forestière notamment grâce aux travaux du Parc naturel régional Livradois Forez qui relève la présence de chats forestiers, de chouette de Tengmalm et Chevêchette dans les forêts des Hautes Chaumes. Les mesures de gestion qui découlent de ces études seront appliquées sur les peuplements de la Réserve et peuvent facilement être reproduites dans d’autres forêts, comme laisser sur place un nombre suffisant de bois mort, au sol ou en chandelle (1 arbre par hectare).
Vers une meilleure anticipation des changements à venir
Les résultats permettront d’améliorer la gestion écologique, grâce à une vision plus fine de l’évolution des forêts dans un contexte de réchauffement climatique. Attention toutefois, la maturité d’un boisement n’est pas une fin en soi mais une étape de dynamique forestière complexe. Mieux comprendre ces dynamiques, c’est anticiper et accompagner les transformations afin de préserver durablement les forêts des Hautes Chaumes.