Mégots : un petit geste aux grandes conséquences !  

Principale source de micropolluants dans les milieux aquatiques, le mégot de cigarette est un véritable fléau. Découverte d’un voyage silencieux mais lourd de conséquences, de la rue jusqu’à l’océan.

Lorsqu’un mégot de cigarette disparait dans une bouche d’eaux pluviales, il rejoint directement les rivières, les fleuves puis les océans. Il emporte avec lui plus de 4 000 substances chimiques, dont : 

  • Des métaux lourds (cadmium, plomb, arsenic)  
  • Des hydrocarbures  
  • Des résidus de nicotine  
  • Des plastiques (le filtre est composé d’acétate de cellulose)  

          Ces composants se diffusent dans l’eau en quelques heures. Les plastiques se fragmentent en micropolluants qui persistent pendant des décennies. 
          Résultat : un seul mégot peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau (selon plusieurs études environnementales). Dans les villes, on estime que 40 à 60 % des mégots jetés dans l’espace public finissent dans les réseaux d’eaux pluviales.

          Les micropolluants : une menace invisible 

          Les micropolluants issus des mégots ont trois caractéristiques inquiétantes :  

          • Ils sont invisibles : on ne les voit pas, mais ils s’accumulent.  
          • Ils sont persistants : ils se dégradent très lentement.  
          • Ils sont bioaccumulables : ils s’intègrent dans la chaîne alimentaire.

          Poissons, oiseaux, invertébrés et plantes aquatiques absorbent ces substances toxiques. Et à terme, elles arrivent… dans nos assiettes.

          Des effets néfastes aussi dans les stations d’épuration 

          Les réseaux d’eaux pluviales sont conçus pour évacuer uniquement l’eau de pluie. Ils ne filtrent pas les déchets. Parfois, le ruissellement emporte l’eau à travers les grilles des canalisations d’eaux usées (le fameux tout-à-l’égout). Les déchets transportés se retrouvent alors en station d’épuration. Les micro-organismes qui agissent pour traiter les eaux usées sont empoisonnés par ces micropolluants, affectant toute l’efficacité de la station d’épuration ! De plus, les produits toxiques ne sont pas éliminés par les étapes de traitement. 

          Un petit geste pour un grand changement  

          La lutte contre cette pollution invisible commence par un geste simple : ne jamais jeter son mégot au sol ! Pour favoriser ce changement de comportement, chacun peut agir.  

          • Pour les citoyens : Utiliser systématiquement un cendrier de poche et sensibiliser autour de soi. Un rappel vaut mieux qu’un mégot dans la nature.  
          • Pour les collectivités : Installer davantage de cendriers urbains, notamment près des zones fumeurs, mettre en place des campagnes de sensibilisation ciblées ou tester des dispositifs anti-mégots sur les grilles d’eaux pluviales.  
          • Pour les entreprises : Proposer des zones fumeurs équipées de cendriers et intégrer la prévention des micropolluants dans leurs démarches RSE.  
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